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Episodes virtuels de Profilage

Un pas après l'autre

Créateur : TreizeOr 
Date de création : 31.01.2018 à 20h48

Message du créateur :
Série d'OS sur les moments manqués entre Adèle et Rocher dans la saison 7. Chaque OS est indépendant.

Cet épisode compte 5 paragraphes

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Un pas après l'autre --- saison 7 - épisode 2 - Juste une présence

Adèle était enfin complète. Presque complète. Elle avait retrouvé sa sœur et espérait que les séances avec Elikia Massamba permettraient de la désintoxiquer d'Argos. Puis elle avait Ulysse maintenant. Deux personnes qu'elle aimait plus que tout et qu'elle devait protéger envers et contre tout. Contre tous. Mais surtout Argos… ce pervers narcissique qui avait détruit leur vie, et qu'il fallait arrêter le plus vite possible.

Elle avait autre chose aussi. Des amis. Chloé, puis Rocher. Elle savait qu'elle pouvait leur faire confiance. Leur présence la rassurait… surtout celle du commandant. Depuis qu'elle le connaissait, et même si elle avait essayé de ne pas s'attacher, elle se sentait irrémédiablement attirée par lui. Mais évidemment elle n'imaginait rien d'autre à ce moment précis que de sauver sa sœur.

Malgré tout, elle se sentait mieux à l'idée qu'il ne s'éloigne pas trop. Alors quand la nuit tomba, qu'Ulysse et Camille s'étaient endormis, et que Julien Derval était monté se reposer dans sa chambre, elle sortit le voir devant la maison. La fameuse maison qui leur servait de planque. Un lieu tenu secret qu'Argos ne pourrait jamais retrouver. En théorie.

Thomas était au téléphone quand elle referma la porte d'entrée derrière elle. Au téléphone avec son fils Lucas. Elle se sentit bête de ne même pas avoir demandé des nouvelles de l'adolescent.

"Ouais. Enfin ne te couche pas trop tard quand même. D'accord. Allez je t'embrasse bonne nuit", dit le commandant à son fils avant de raccrocher et de se tourner vers Adèle.

"Vous n'êtes pas encore parti?" demanda-t-elle avec une idée derrière la tête.

"Bah non", répondit simplement Thomas, qui sentait Adèle très fragile, au bord de la rupture. Il était content d'avoir retrouvé Camille, de lui avoir rendu une partie de sa vie, et de la personne qu'elle était désormais. Il n'avait plus vu les manières de sale gosse qui l'avait tant rebuté par le passé.

"Merci d'être là". "De rien". Il sentait que quelque chose n'allait pas. Elle était complètement effrayée. Terrorisée même. "Ça vous rassure si je reste cette nuit?" "Oui", parvint-elle à articuler. "Eh bien je vais rester".

Thomas entreprit de rentrer dans la maison mais Adèle ne bougea pas. Il entrouvrit la porte et se retourna vers elle. "Vous venez?" Pas de réponse. Pas de regard non plus. "Adèle venait il fait froid". Toujours rien. Alors il tendit la main et le saisit doucement le poignet. Là enfin il parvint à capter son attention.

"Vous devriez vous reposer un peu Adèle. Demain va encore être une journée… compliquée". Adèle ôta son bonnet et se passa les mains sur le visage. "Je ne peux pas dormir… A chaque fois que je ferme les yeux… Je vois Argos. Il vient me reprendre Ulysse et Camille". "Vous savez que je ne le laisserai pas faire ça n'est-ce pas?" "Je… je sais mais Argos a des ressources et…" Il la stoppa net. "Nous aussi on a des ressources. Vous n'êtes plus toute seule Adèle. C'est fini tout ça. Je suis là… je veux dire on est là pour vous protéger". Il lui étreignit l'épaule et ça la fit sourire. Une première petite victoire.

Puis il ajouta: "Vous savez ce qu'on a d'autre?" "Je… non". "Du café! Puisque vous ne pouvez pas dormir, et que je dois rester éveillé… Autant qu'on ingurgite un maximum de caféine pour nous aider à garder les yeux ouverts. Non?"

Elle sourit encore. Une deuxième petite victoire. Le chemin vers la guérison passait par là. Par les petites victoires. Un pas après l'autre.

Ils entrèrent dans la maison. "Allez vous asseoir dans le salon. Je vous apporte une tasse", lança Rocher à Adèle. Il la rejoignit quelques minutes après avec un plateau, deux tasses et des petits sablés.

"J'ai trouvé des petits gâteaux. C'est une planque alors je ne sais pas depuis combien de temps ils sont là. Faudra être indulgente". Troisième sourire. Elle attrapa la tasse de café qu'il lui tendit et se pelotonna dans un plaid sur le canapé. Le commandant vint s'asseoir à côté d'elle. Elle trempa les lèvres dans le café et Thomas engagea la conversation.

"Vous avez imaginé la suite?" Elle releva brusquement la tête vers lui. "De… de quelle suite vous parlez?" "De votre vie avec Camille, Ulysse… Votre vie professionnelle aussi". Elle secoua la tête, désabusée. "Je ne projette pas. Tant qu'Argos est dehors… C'est impossible".

"Mais vous êtes criminologue Adèle. Vous savez comme moi que les pervers narcissiques comme lui peuvent s'évanouir dans la nature pendant des années. Vous vivriez en fuite tout le temps?"

"Parce que vivre avec une épée de Damoclès sur la tête c'est mieux? Sans savoir quand il viendra tout me prendre? Pourquoi construire quelque chose si dans six mois, un an, deux ans ou plus, il vient tout détruire?" Elle avait dit tout ça bien trop sèchement. Elle posa sa tasse de café sur la table basse et s'excusa. "Excusez-moi. Je… je suis reconnaissante de tout ce que vous faites pour moi".

"Vous en faites pas", lui répondit-elle en posant également sa tasse sur la table. Puis il fit quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé faire au début qu'ils se connaissaient. Il lui prit la main et la garda entre les siennes quelques secondes. Comme pour la réchauffer.

"Je ne sais pas si on attrapera Argos… Mais je sais qu'il ne vous empêchera plus de vivre comme vous le souhaitez. Je serai là pour m'en assurer. Tous les jours".

"Tous les jours?". "On sait jamais ce qui peut arriver hein? On n'a jamais trop de deux criminologues dans une brigade". "Je… attendez c'est une proposition? Une proposition de travail?" "Pourquoi pas… Vous me faites confiance?" Elle répondit "oui", sans hésiter. Il allait l'aider à se construire une petite vie bien à elle. Un pas après l'autre.

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TreizeOr  (31.01.2018 à 20:51)

Un pas après l'autre --- saison 7 – épisode 3 – Confiance

Adèle s'était un peu incrustée sur l'affaire de la disparition de Nina Aguilar. Entre Camille dans le coma, Ulysse à s'occuper, le déménagement avec Jess… Elle était usée psychologiquement et voulait juste se "reposer" en faisant quelque chose qu'elle maîtrisait vraiment, en exerçant son métier: la criminologie.

Et puis, elle avait beau essayer de se tenir éloignée de la 3e DPJ, elle y revenait à chaque fois. Quand il y avait Chloé, elle s'était tout de suite sentie bien ici. Et maintenant que la place dans l'équipe de Rocher était libre… elle se disait qu'elle pourrait peut-être la prendre un jour, quand elle se sentirait prête. Après tout le commandant, Hyppolite et même Emma, ils semblaient tous lui faire confiance.

Mais là elle se confrontait à un nouvel obstacle. Un autre criminologue qui n'acceptait pas ses méthodes, refusait de suivre ses intuitions, et surtout pensait qu'elle n'était là que parce que les enlèvements… elle connaissait mieux que quiconque. Le Guennec…

Le commandant Rocher et les deux criminologues étaient sur le point de se rendre en pleine forêt, vérifier un puits dans lequel la petite Nina pouvait potentiellement être enfermée. Mais Le Guennec avait pris Adèle entre quatre yeux pour essayer de la faire fuir. Qu'elle ne soit plus dans ses pattes sur cette enquête. Heureusement, Rocher ne l'entendait pas de cette oreille.

Adèle et lui attendaient Le Guennec dans le couloir de la DPJ, près de l'accueil où Jess travaillait. La jeune criminologue fut tout à coup en proie au doute.

"Il est… il est… il est insupportable ce type mais je pense qu'il a raison… J'ai peur de m'intéresser à cette affaire pour de mauvaises raisons… J'ai peur de manquer de lucidité là", expliqua timidement Adèle à Rocher.

"Je ne pense pas. De toute façon c'est un peu tard pour avoir des scrupules vous ne croyez pas?" lui répondit Rocher, qui ne voulait pas voir Adèle partir avant qu'ils aient retrouvé la petite Nina Aguilar.

"Non. Je n'ai pas envie de vous embarquer dans une mauvaise direction". Son histoire, l'enlèvement d'elle et Camille par Argos, tous les traumatismes de ses huit années de séquestration… elle avait juste peur que tout ça remonte à la surface, lui pollue l'esprit et l'empêche d'être objective dans cette affaire. Une petite fille était en danger. Elle ne voulait pas lui faire courir de risque supplémentaire.

Mais Rocher la suivrait les yeux fermés. Il lui confierait sa vie, celle de son fils, sans hésiter. On avait voulu briser cette femme. Elle était plus forte que jamais à présent. Il fallait juste qu'elle s'en rende compte… qu'elle voit… qu'elle sente… qu'elle ressente même, qu'elle n'était plus seule.

"Ecoutez… évidemment qu'il y a des similitudes entre les deux affaires. Il y en a toujours", lui dit-il de son ton rassurant. En posant sur elle un regard rassurant. Et non un regard de pitié comme elle pouvait le voir chez ces personnes qui connaissaient son histoire. "Puis c'est dans votre nature de toute façon. Vous ne pouvez pas vous empêcher de mettre votre nez de partout. C'est pour ça que Chloé avait confiance en vous… Et moi aussi".

Gênée elle ne parvint plus à tenir son regard et se mit à fixer ses pieds. Puis Le Guennec revint et passa devant eux pour aller à la voiture. Elle leva vers Rocher un visage souriant, qui en disait long sur la reconnaissance qu'elle éprouvait. La confiance du commandant était tout ce dont elle avait besoin en ce moment. Un premier petit caillou sur un long chemin. Un chemin qui la mènerait vers une vie normale.

L'intuition d'Adèle était proche de la réalité. Mais Nina n'avait pas été enfermée par Manzoni dans le puits près de la cabane. Angèle Simon, l'amie d'enfance de Cécile Castagnan, la mère de Nina, avait fait le coup. La fillette allait bien. Juste un peu déshydratée. Ses parents étaient à ses côtés à l'hôpital.

Adèle sortait justement de cette chambre d'hôpital. Elle était heureuse d'avoir bouclé sa première enquête depuis… depuis que Chloé était partie et que Camille était dans le coma. Rocher était là aussi. Il téléphonait. Elle attendit qu'il raccroche.

"Ah bon? Il vous a dit pourquoi? D'accord… Merci commissaire". Thomas avança de quelques pas vers Adèle. "C'était Lamarck. Il nous félicite. Le Guennec a donné sa démission". La criminologue parut surprise. Mais pas tant que ça… "Pourquoi?" demanda-t-elle, feignant d'être interloquée.

"Apparemment il aurait un problème de gestion avec la figure maternelle. Ou alors c'est les antidouleurs qui lui sont montés à la tête". Il souriait. Il savait bien qu'elle était derrière tout ça mais il s'en fichait. Lui non plus ne supportait pas Le Guennec. Elle aussi avait envie d'éclater de rire. Mais se retint et fit comme si de rien n'était.

"Bon j'y vais. J'ai un déménagement qui m'attend". Elle tourna les talons et commença à partir. Mais en un seul mot, il bouleversa le cours de sa vie. "Restez". Elle se figea puis lui fit face. "Adèle ça marche plutôt bien entre nous. Vous ne trouvez pas?"

Elle était si touchée. Elle n'avait vraiment pas été facile avec lui au début… Elle avait eu un comportement déplacé. Elle s'en voulait toujours d'ailleurs. Pendant qu'elle réfléchissait à ce qu'elle allait lui répondre, elle avait des flashs de la nuit qu'ils avaient passée ensemble. Une nuit sans lendemain. Sexuellement, elle n'avait rien à redire. C'était… parfait. Mais émotionnellement… l'Adèle d'aujourd'hui n'aurait vraiment pas abordé les choses de la même manière.

"On a déjà essayé… Je ne suis pas faite pour travailler en équipe. Je n'ai pas la discipline"+Mais vous pourriez m'apprendre+, pensa-t-elle si fort.

"C'est amusant ça… La dernière personne qui m'a dit ça, on a travaillé quatre ans ensemble", lui dit-il le sourire aux lèvres, avec la conviction qu'il avait gagné. "Vous devriez en parler à un psy". "Vous auriez quelqu'un à me recommander?"

Adèle laissa échapper un rire et s'approcha de Rocher. Un pas après l'autre, elle entrevoyait son avenir. Elle allait parler mais il avait une dernière chose à dire avant. "J'ai confiance en vous. Vous êtes faite pour bosser avec nous. Dans cette équipe. La question est: est-ce vous vous avez confiance en moi?" Elle n'hésita pas une seule seconde. Cet homme avait tout fait pour lui ramener sa sœur. Il lui avait sauvé la vie quand Camille avait essayé de la tuer au port… "Evidemment".

Il hocha la tête comme pour dire "alors qu'est-ce que vous attendez?" mais ne dit rien. Elle lui tendit la main et il la serra pour conclure le "deal". "J'accepte votre offre". "Faites attention… je ne suis pas un garçon facile au quotidien". Elle parut choquée. Parce que cette phrase sortie du contexte pouvait dire tout à fait autre chose.

Il se rendit compte qu'il avait peut-être dit une connerie. Il pensa aussi à la nuit qu'ils avaient passée ensemble. Il avait pour le coup joué le garçon facile. +Je vais vous demander de vous rhabiller et de partir s'il vous plait+ puis elle avait pété un câble, s'était effondrée dans ses bras et il avait été faible…

"Pardon", murmura-t-il. "C'est… c'est plutôt à moi de vous demander pardon. Je n'ai jamais été très sympa avec vous… Mais bon, maintenant on a du temps pour apprendre à se connaître et à travailler ensemble", lui lança-t-elle. "J'aurais pas dit mieux. On avance… un pas après l'autre".


TreizeOr  (01.02.2018 à 20:13)

Un pas après l'autre --- saison 7 - épisode 4 - Première étape

Adèle commençait à comprendre ce qu'était la vie normale d'une jeune femme mère de famille et criminologue. S'occuper d'un enfant, aller au travail tous les matins (sans bébé si possible…), avoir des interactions avec ses collègues, se confronter aux émotions des familles de victimes, affronter la mort en face à chaque nouvelle scène de crime…

Mais elle se sentait traquée… fatiguée de regarder derrière elle tout le temps… effrayée d'un jour tomber sur Argos… qu'il vienne lui reprendre Ulysse et Camille… Elle avait beau essayé, elle n'arrivait pas à confier Ulysse à quelqu'un d'autre. A le laisser seul avec des inconnus. Elle cogitait à chaque pause dans l'enquête. Elle se disait qu'elle faisait vraiment une mauvaise tutrice pour le petit garçon… Elle ressassait les dernières heures en voiture quand Rocher s'immisça dans ses pensées. Il voyait qu'elle était en plein doute. Et que ça n'avait rien avoir avec l'enquête…

"Je me suis renseigné sur la crèche d'Ulysse. Il n'y a pas eu d'inondation. Il n'y a pas eu grève. Il y a juste des puéricultrices parfaitement compétentes pour s'occuper de lui", commenta Thomas.

"J'ai… j'ai vraiment essayé je vous jure. J'étais devant l'entrée avec la poussette et je… je n'ai pas pu. Je n'y arrive pas! Je peux… Je ne peux pas le laisser à des inconnus". Adèle était gênée de voir ses faiblesses exposées face au commandant.

"Bah les séparations c'est toujours difficile". "C'est… c'est difficile sauf que tous les gens ne vivent pas avec la certitude qu'un psychopathe veut kidnapper leur enfant. J'ai peur tout le temps… Je ne supporte pas de me sentir comme ça. Exposée".

"C'est à cause de ça que vous avez arrêtée votre colocation avec Jess avant d'emménager?" "On nous a livré un bouquet à l'appart et… et dessus il y avait un carte avec A… Je ne sais pas ce qui m'a pris j'ai complètement paniquée. J'ai cru que c'était Argos. En fait c… c'était juste Anatole. Le voisin du dessous qui… enfin il voulait juste nous souhaiter la bienvenue… Du coup j'ai loué une péniche".

"Une péniche?!" Décidément cette femme était pleine de ressources… Elle avait trouvé une péniche en un claquement de doigts alors qu'elle avait mis des semaines à trouver un appartement.

"C'est un peu étrange mais je me sens bien, je me sens libre. Je peux bouger quand je veux. Simple. Rassurant".

Rassurant, c'est ce qu'il essayait d'être pour elle. Il s'en voulait tellement d'avoir été si méchant avec elle il y a des mois. Il s'entendait encore lui aboyer +je ne sais pas ce que vous cherchez mais il n'y a pas de place pour vous dans ma vie+. Pourtant… il y en avait bien une de place pour elle dans sa vie. Il en était intimement convaincu. Mais ne savait pas trop quand il avait commencé à penser ça. Puis ne savait surtout pas à quelle place lui-même pensait…

"Vous savez Adèle… On est là… Moi je suis là, je suis avec vous. Vous n'êtes plus toute seule c'est fini ça". Elle le regarda, de ce regard brillant qu'elle n'affichait pas souvent. Un regard plein de reconnaissance. Ses lèvres s'étirèrent en un timide sourire. Elle ne savait pas quoi dire. Il avait été si brusque avec elle par le passé. Et maintenant… il était là pour elle. Sa présence suffisait à l'apaiser.

"Merci… Vous… vous avez déjà fait beaucoup pour moi… je… juste merci". Il resta les yeux concentrés sur la route mais se mit à sourire. Puis à lui dire de sa voix si rassurante (sa grosse voix bourrue aurait plutôt dit Hyppolite) qui enveloppait Adèle d'un voile protecteur étranger. Elle se sentait bien quand il lui parlait. Même de la pluie ou du beau temps elle s'en fichait.

"Si vous avez besoin de plus… je ferais plus". Mais où voulait-il en venir? De quoi parlait-il? Plus… Comment ça plus? Les questions fusaient dans la tête d'Adèle… mais cette voix y mit fin, encore. "Je veux dire que je suis là si vous avez besoin de parler… Je peux même garder Ulysse parfois si vous voulez prendre un peu de temps pour vous. Vous n'acceptez de le confier qu'à des gens de confiance. Mais vous me faites confiance, non?" "Oui… plus que quiconque".

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TreizeOr  (02.02.2018 à 20:27)

Un pas après l'autre --- saison 7 - épisode 4 - Complices

Thomas n'avait jamais aimé fêter Halloween. Quand Lucas était petit, il s'était forcé à faire la tournée des bonbons. Encore plus après la mort de Julia. Il voulait créer de beaux souvenirs d'enfance à son fils, pour tenter d'effacer les pires...

Adèle de son côté avait de bons souvenirs de cette fête jusqu'à ses 8 ans. Elle adorait se déguiser en pirate avec Camille. Mais après ce terrible jour d'avril 1992, il n'y avait plus eu d'Halloween. Plus de Pâques. Plus de Noël. Plus d'anniversaire. Ne restait que la noirceur de la cave dans laquelle Argos l'enfermait. La solitude. La privation. L'absence.

Thomas et Adèle se rejoignaient donc sur un point. Ils n'avaient pas du tout envie de faire la fête ce soir. Et au final ça tombait bien, parce que s'ils étaient déguisés, c'était pour une enquête: ils devaient résoudre le meurtre de Thibaud Dufresne.

Mais pour se fondre dans la masse, retrouver le clown tueur, ils devaient donc s'incruster à une soirée d'Halloween organisée par la mairie de Quincieu. Hyppolite leur avait choisi des costumes qui leur collaient à la peau.

Le commandant était déguisé en gladiateur. Bouclier en main, muscles et tatouages apparents… Il ressemblait vraiment à un guerrier. Adèle, elle, avait eu le droit à un costume de sorcière dans les règles de l'art. Long cheveux noirs, teint blafard, lèvres rouge sang, tunique noire… Elle était impressionnante.

L'objectif de la soirée n'était pas simple. Il fallait retrouver un clown tueur, celui qui apparaissait sur la vidéo de propagande… Mais les clowns méchants ce n'est pas ce qu'il manquait dans ces sous-sols noirs de monde. Rocher était arrivé en premier. Normalement Adèle devait déjà être là. Il ne l'avait pas encore vu déguisée. Il avait hâte de voir à quoi elle ressemblait. Mais plus il s'enfonçait dans ces couloirs sombres, plus il s'inquiétait. Mais où était-elle?

Après quelques minutes, une femme se faufila derrière lui et le suivit sur quelques pas avant de doucement poser une main sur son épaule. Rocher se figea, pensant devoir éconduire une jeune femme qui aurait été séduite par ses muscles. Mais quand il tourna la tête, il vit Adèle. Il était soulagé, et impressionné par son déguisement. Elle, elle était plutôt amusée et avait vraiment envie de le taquiner.

"Vous avez trouvé où ranger votre arme là-dessous?" lui lança-t-elle alors que son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Sa main était toujours sur son épaule. Il pouvait presque sentir son souffle sur sa peau. Ses pensées s'égaraient déjà… Comme bien souvent depuis qu'Adèle avait intégré son équipe. Il devait se reprendre. Le travail primait ce soir.

"Ouais j'ai trouvé". Il regrettait vraiment d'être là pour une enquête. Il n'était pas danseur. Mais il aurait bien voulu être avec elle sur la piste. Ou juste boire un verre en tête à tête. Apprendre à connaître la nouvelle Adèle. Celle qui était forte et faible à la fois. Qui commençait à se laisser aller, à faire confiance à ses collègues, qui voyait la suite un peu plus… gaiement qu'avant. Et surtout qui n'aboyait pas dès qu'on lui faisait un reproche ou qu'on essayait de l'aider. Cette Adèle sensible commençait vraiment, mais alors vraiment, à le toucher.

"Vous n'avez pas vu Vanard?" "Des vampires, quelques sorcières… mais pas de clown". Leur affaire s'annonçait compliquée. Le téléphone de Thomas se mit à sonner. C'était Emma. Une histoire de mites, de changement de costume… Bref, la jeune lieutenant était en retard.

"C'est Emma elle a eu un problème de costume. Elle arrive", expliqua Thomas à Adèle. Leurs regards se tournèrent vers la piste de danse, où des vampires, des sorcières et des personnages de Disney cohabitaient dans une atmosphère joyeuse. Puis leurs yeux s'accrochèrent à nouveau. Adèle aussi voulait apprendre à connaître le commandant autrement. Mais pas ici, pas maintenant. Malheureusement.

"A tout de suite". Thomas fila fouiller la scène à la recherche du suspect au masque de clown. Adèle fit de même dans le sens opposé. A deux, ils couvraient tout l'espace.

Rocher crut avoir trouvé le clown en question. Mais c'était juste un écervelé qui voulait amuser la galerie en faisant semblant d'égorger sa copine. L'humour noir n'était pas un délit.

Adèle, elle, en se trémoussant sur la piste de danse, avait touché le gros lot. Leur suspect était en face de ses yeux. Tout dans son langage corporel indiquait qu'il allait passer à l'attaque. Il fallait qu'elle intervienne. Elle ne voyait plus Rocher. Où était-il? Elle ne pouvait pas laisser leur homme leur échappait. Alors elle décida de le suivre dans la cuisine, où il tenta d'agresser Zacharie Leroy, adjoint et fils du maire de Quincieu.

Pour le stopper, elle se saisit d'une poêle et le frappa violemment à la tête. Mais ça ne lui fit pas grand-chose. Il se retourna et voulut l'étrangler. Mais heureusement Rocher débarqua rapidement… pour sauver Adèle et découvrir que le clown était en réalité une femme: la femme de Thibaud Dufresne, l'homme retrouvé mort dans les catacombes près de la Seine le matin même. Une certaine Brigitte Dufresne.

Thomas et Adèle étaient dans une ambulance devant la salle des fêtes. Il avait insisté pour que la belle criminologue voit un médecin. Elle avait quand même été sérieusement secouée là-dedans… Brigitte Dufresne avait été emmenée à la DPJ par des collègues. Zacharie Leroy était lui examiné par un médecin dans une autre ambulance.

Adèle était assise sur le brancard à l'arrière du véhicule. Thomas attendait, inquiet, assis dans un coin. "C'est ridicule, elle m'a à peine touchée", maugréa la jeune femme. "Je veux juste être certain que vous allez bien Adèle", répondit sereinement le commandant en regardant le pompier qui examinait sa collègue. "Ne vous inquiétez pas. Elle s'en sort avec une vilaine bosse à l'arrière de la tête et quelques bleus autour du cou. Rien qu'un peu de paracétamol ne puisse pas soigner". "Vous voyez!" s'exclama Adèle en se levant. "Je suis en pleine forme. Allez venez". Elle sortit de l'ambulance précipitamment et manqua chuter. "Eh doucement Adèle j'ai assez de cheveux blancs comme ça!" Rocher serra la main du pompier et sortit après la criminologue, qui cherchait la voiture de son collègue des yeux.

"Vous n'êtes pas venu à pieds rassurez-moi?" "Non je suis garé un peu plus loin. Je ne voulais pas qu'on me voit arriver avec mes gros sabots. Suivez-moi". Il avança dans la ruelle, bien calme comparée à l'effervescence qui régnait devant la salle quelques secondes plus tôt.

Ils marchèrent côte à côte quelques minutes. "Vous avez pas froid avec votre costume de gladiateur?" "Un peu mais heureusement dans cinq minutes je vais pouvoir me réchauffer dans la voiture. Et vous ça va? Votre costume de sorcière n'a pas l'air bien épais non plus".

Ils se mirent à rire ensemble. "Je ne sais pas de quoi on a l'air là tous les deux. Mais certainement pas d'une criminologue et d'un commandant de police". "J'ai toujours mon arme". Il s'arrêta, lui attrapa le poignet pour qu'elle fasse de même, passa la main dans son dos et sortit son arme, lui montrant comme un trophée. "Non sérieusement elle était dans votre…" "Dans ma ceinture Adèle. Juste dans ma ceinture. Vous pensiez à quoi enfin?"

Elle pouffa de rire et enleva sa perruque de sorcière. "Pardon pardon… Mais avouez que la situation était assez cocasse". Il reprit sa marche en avant et Adèle fit de même. Ils arrivèrent rapidement à la voiture et se dépêchèrent de rentrer. Avant que Rocher ne démarre, Adèle tenait à lui dire quelque chose. "Thomas…"

Il la regarda se demandant bien ce qu'elle avait d'aussi urgent à lui dire qu'elle ne pouvait pas attendre qu'il ait mis le contact. "Ça va Adèle?" "Ouais ça va ça va… C'est juste que… j'ai de plus en plus l'impression que j'appartiens enfin à cette équipe, un peu comme à une famille… J'aurais voulu… Enfin c'est peut-être malvenu de dire ça sur une enquête pour meurtre… Mais je me suis presque amusée ce soir… enfin jusqu'à ce que Brigitte Dufresne tente de m'étrangler".

Thomas sourit et caressa furtivement la main gauche d'Adèle avec son pouce. "Vous faites partie de l'équipe Adèle. Ce n'est pas qu'une impression. Et je suis désolé de ne pas être arrivé avant qu'elle vous atteigne. On reste ensemble maintenant. D'accord?" Elle était émue. Le commandant semblait vraiment touché par ce qui s'était passé. "Oui on reste ensemble".

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TreizeOr  (11.02.2018 à 20:55)

Un pas après l'autre --- saison 7 - épisode 7 - Une épaule

L'affaire du bébé congelé était résolue. Le violeur de Louise allait passer un bon bout de temps derrière les barreaux. Et le fait que justice lui ait été rendue allait permettre à la jeune fille de se reconstruire. Adèle aurait dû avoir le sentiment du devoir accompli. Mais ce qui la préoccupait personnellement depuis la veille reprit le dessus. A chaque fin d'enquête c'était comme ça… Les ténèbres de sa vie privée et de son passé la privaient de ces petits moments de gloire.

Il fallait qu'elle s'occupe sa sœur. Mais elle ne se sentait pas les épaules de le faire toute seule. Elle ne voulait pas prendre le risque de la perdre pour toujours. Alors elle demanda de l'aide à la personne en laquelle elle avait le plus confiance au monde… Thomas… parce qu'en dépit de leurs désaccords du début, il avait toujours été là pour elle.

Alors avant qu'il s'en aille, elle le héla pour le retenir. "Thomas… Je pourrais avoir besoin de votre aide ce soir". "Oui pourquoi?" Elle était presque gênée de le forcer à se mêler de ça… elle avait peur aussi. La dernière fois, pour la sauver, il n'avait pas hésité à tirer sur Camille.

"Parce que… Parce que parfois il faut savoir aider les gens malgré eux". Elle lui expliqua que Camille était réveillée, qu'elle avait brisé la main de l'infirmier qui voulait la violer, et qu'elle attendait une opportunité pour s'enfuir et rejoindre Argos. Cette opportunité, elle le savait parce qu'elle s'était mise à la place de sa sœur et avait pensé comme elle, c'était de piquer la blouse d'un médecin et de profiter du changement de service à l'hôpital pour prendre la tangente.

Thomas accepta évidemment de l'aider sans poser plus de questions.

Camille avait donc réussi à manipuler tout le monde. Cela faisait plusieurs jours qu'elle était réveillée et qu'elle entendait Adèle se lamenter… Elle avait fini par trouver le moyen de sortir de cet hôpital. Mais sa sœur avait vu clair dans son jeu.

Alors qu'elle allait monter dans une ambulance pour rejoindre son ravisseur, Adèle arriva derrière elle. "Camille". Elle comprit aussitôt que sa tentative de fuite était vouée à l'échec. Une rage folle s'empara d'elle. Elle se retourna, prit sa sœur par le cou et la plaqua violemment contre le véhicule.

Adèle ne voulait pas se débattre. Elle savait le commandant tout près. Mais elle espérait pouvoir raisonner sa sœur et la faire abdiquer avant qu'il n'intervienne.

"Je suis désolée Camille. Tu m'avais laissé des indices. Je n'ai pas eu beaucoup de mal à retrouver Julien. Il m'a dit ce qui s'était passé. Il ne fera plus de mal à personne. Il a dit aussi que tu étais réveillée. On va te soigner maintenant…" La criminologue commençait à manquer d'air.

Rocher décida d'intervenir. "STOP! Camille. Pas cette fois Camille, pas cette fois. Lâche-la. LACHE-LA". Un cri guttural et plein de haine sortit du fin fond de la gorge de Camille qui avait perdu cette bataille. "Nooooooon"!

Deux médecins en blouse blanche arrivèrent derrière elle. Elle se laissa faire parce qu'elle se disait qu'elle allait avoir une nouvelle occasion de gagner la guerre… Ils prirent chacun fermement un bras de la jeune femme et l'emmenèrent à l'intérieur. Une chambre dans l'hôpital psychiatrique non loin de là l'attendait déjà.

Adèle se laissa glisser au sol en gardant le dos appuyé sur l'ambulance. Elle enfonça sa tête dans ses genoux et sanglota doucement. Rocher resta là interdit quelques secondes puis s'agenouilla devant elle.

"Adèle", lui dit-il doucement. Elle ne broncha pas. Il posa doucement une main sur son bras. "Adèle". Là elle releva doucement la tête. "Ils vont bien s'occuper d'elle ne vous inquiétez pas. Elle n'est pas elle-même… Elle ne voulait pas vous faire du mal". "J'aimerais en être aussi sûre que vous". "Eh" fit-il en lui relevant le menton. "Il va falloir accepter que vous n'avez pas la main sur ça… Il faut lui laisser du temps pour se désintoxiquer d'Argos… Vous ne pouvez qu'être présente pour elle… pour Ulysse. Il faut lâcher prise Adèle".

La jeune femme se passa les mains sur le visage comme pour chasser ses mauvaises pensées et se releva en même temps que le commandant. Elle se disait qu'elle ne méritait pas son soutien ni son amitié. Pourtant elle sentait qu'il ferait n'importe quoi pour elle. Il lui étreignit doucement l'épaule. "Je… je suis là moi vous savez… Si vous avez besoin d'une épaule pour vous reposer, de quelqu'un pour parler ou juste d'une épaule pour… Enfin si vous avez besoin de moi, je suis là". Ça la fit sourire.

Son regard resta plongé dans le sien quelques secondes puis elle se risqua à s'avancer doucement vers lui… et il la prit dans ses bras. Pour l'instant, elle avait juste besoin d'un peu de réconfort et d'affection. Mais elle le savait… elle savait depuis plusieurs semaines déjà que bientôt juste de l'affection de la part de "son" commandant, ça ne suffirait plus…


TreizeOr  (Hier à 21:22)

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choup37, Hier à 23:54

du coup faut tout refaire

choup37, Hier à 23:54

l rage

LaFriteFan, Hier à 23:59

Et de mon côté, c'est plus du second degré^^. Oh, je te comprends en quelque sorte : (

choup37, Aujourd'hui à 00:02

de l'humour! j'ai hâte

LaFriteFan, Aujourd'hui à 00:10

Par contre, c'est un peu spécial... donc je vais la mettre dans le Blablas du Hub xD

Viens chatter !