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Episodes virtuels de Profilage

Que serais-je sans toi ?

Créateur : Lolaluar 
Date de création : 16.12.2017 à 18h07

Message du créateur :
Suite immédiate du 10ème et dernier épisode de la saison 8

Cet épisode compte 20 paragraphes

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Titre : Que serais-je sans toi ?

 

Catégorie : tout public

 

Disclaimer : L’univers et les personnages de la série Profilage de m’appartiennent pas  et ne m’appartiendront jamais (dommage, j’aurais bien aimé être propriétaire du Commandant Rocher XD ), je les empreinte à Fanny Robert & Sophie Lebarbier pour m’amuser un peu. Les personnages et les situations de cette fanfiction étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Aucun profit financier ne sera tiré de ce texte.

 

Contexte : Cette fanfiction est la suite immédiate du 10ème et dernier épisode de la saison 8. Pourquoi une fanfiction ?

- Parce qu’il va falloir attendre longtemps pour voir la suite, et que la nuit suivant l’épisode final, mon cerveau a fusé dans tous les sens mais il parait que je ne suis pas la seule…

- Parce qu’une faille vient d’être ouverte dans la carapace de notre cher Commandant Rocher et que j’aimerais bien qu’elle soit exploitée par les scénaristes, alors en attendant, c’est moi qui vais aller l’explorer…

 

Remarques :

- Volontairement je n’aborderai pas le sujet « qui est la personne qui a trouvé et emmené Adèle ? » parce que je ne me sens pas capable de lancer une théorie plus qu’une autre.

- Ne vous étonnez pas de voir Emma à la place de Xavier parce que pour moi c’est un personnage trop récent et je ne saurais pas comment l’intégrer dans cette fanfiction.

- Je voulais à la base vous la mettre façon calendrier de l'avant avec un paragraphe par jour jusqu'à Noël, mais j'ai pris du retard après avoir bloqué sur certains passages, je vais essayer d'en mettre au moins un par jour du coup.

 - Je m’excuse par avance si des ressemblances existent avec d’autres fanfictions en cours, je ne les ai pas lues.


Lolaluar  (16.12.2017 à 18:14)

En entrant dans la pièce principale, Emma et ses collègues découvrirent le corps sans vie d’Argos, mais aussi une flaque de sang au beau milieu de la pièce, avant de trouver Rocher, assis sur une chaise, la tête dans les mains, toujours armé, le corps secoué de sanglots.

- Commandant…

Il ne répondit pas. Elle s’approcha et s’accroupit à côté de lui.

- Commandant Rocher.. C’est Emma, où est Adèle ?

Thomas ne prit pas la peine de relever la tête pour lui répondre.

- Adèle n’est pas là, on est arrivés trop tard…

- Comment ça on est arrivés trop tard ?

- On a croisé Sarah dehors, donc ici il y a tout le monde sauf Adèle, et à la place d’Adèle il y a une énorme flaque de sang, alors j’en conclus qu’on est arrivés trop tard, une nouvelle fois.

Visiblement, les mots avaient du mal à sortir de la bouche de Rocher, et quand ils sortaient cela semblait lui demander un effort surhumain.

- Et vous en dites quoi de cette scène ?

- Je suppose qu’elle est blessée, quelque part dans la nature, ou morte..

- Commandant, je suis sûre qu’elle est en vie..

- J’ai du mal à y croire.. Elle .. Elle était là deux minutes avant que je n’arrive.. Je n’arrive pas à croire que je sois encore arrivé trop tard, je suis nul.. répondit-il en agitant soudain la main qui portait son arme.

Emma lui prit doucement et la remplaça par sa main.

- Ne dites pas ça..

Il tourna alors la tête vers elle et la laissa découvrir ses yeux rougis.

- Ca fait deux fois en quelques jours, on ne peut pas parler de coïncidence. Je suis incapable de protéger les gens auxquels je tiens, je suis minable.

- Commandant, on va aller dehors, ça ne sert à rien que vous restiez là, venez prendre l’air, vous êtes en train de dire des choses qui ne sont pas vraies.

Avec difficulté, il se releva, et c’est soutenu par deux collègues qu’il sortit, non sans avoir jeté un dernier regard à cette flaque de sang, synonyme d’angoisse pour lui. Emma quant à elle, porta son téléphone à l’oreille.

- Hyppo, on a un gros problème, Argos est mort, mais Adèle a disparu, il y a une flaque de sang par terre, on suppose que c’est le sien mais elle n’est sans doute pas partie par ses propres moyens, la flaque est nette, elle ne s’est pas déplacée seule, elle a été soulevée et emmenée. Je ne pense pas que Rocher soit apte à continuer les recherches pour l’instant, il est sous le choc.. Elle se passa une main sur le front.  

- Hyppo, c’est horrible ce qui se passe.

- Tiens bon Emma, lancez les recherches dans les quartiers qui se trouvent à proximité de la maison, ils ne peuvent pas être bien loin. Je m’occupe de contacter les hôpitaux, cabinets médicaux…

- Les morgues..

- Emma, on n’en n’est pas là, jusqu’à preuve du contraire elle est en vie.

- Je sais, c’est ce que j’ai dit au Commandant, mais il n’y croit pas, ou plus je ne sais pas, et du coup, je commence aussi à en douter..

- Emma, garde confiance, Adèle a besoin de nous. Rocher va se relever aussi quand il aura encaissé le choc. Essaie de trouver les mots pour le faire aller de l’avant.

- ok, merci Hyppolite, on se tient informés.

 

Emma échangea avec des collègues puis retrouva le Commandant Rocher qui se tenait à l’écart, perdu dans ses pensées, il semblait incapable de prendre des décisions pour diriger ses hommes à ce moment-là.

- Commandant, j’ai mis Hyppolite sur le coup, et les collègues commencent à quadriller le quartier. Sarah va bien, elle est en sécurité, même si elle est très choquée. On va retourner à la DPJ.

- Pourquoi ?

- Pourquoi retourner au Commissariat ?

- Pourquoi elle n’est pas là ? Elle n’est pas partie toute seule, elle aurait mis du sang partout sinon en se relevant.

- Je n’ai pas de réponse à vous donner Commandant, je suis désolée.. lui répondit-elle. Venez.

Elle encouragea Rocher à partir de la propriété en passant un bras dans son dos, ils se dirigèrent vers la voiture du Commandant.

- Je vous ramène.

Rocher fouilla dans ses poches, sortit les clés de la voiture et les tendit à Emma, il accepta sans difficulté qu’elle le reconduise, de toute façon il ne valait mieux pas qu’il prenne le volant dans cet état.

Le trajet se déroula dans le silence, Rocher s’était refermé sur lui-même et Emma n’osait pas lancer la discussion, elle ne savait pas quoi dire pour aider son supérieur à positiver.

Au commissariat, Lamarck les attendait, quand Emma rentra, il la remercia de s’être occupée de Rocher, elle rejoignit Hyppolite pour avancer dans les recherches.

Il arrêta Rocher et lui fit signe de le suivre dans son bureau, sans doute pour le remotiver, il avait l’air abattu. Ils restèrent une vingtaine de minutes enfermés tous les deux, puis Rocher rejoignit Emma et Hyppolite en plein travail. Ils avaient tous les deux une liste de numéros de téléphone et passaient des appels à tous les endroits en mesure de recueillir une personne blessée. Hyppolite lui en tendit une autre et Rocher se mit aussitôt au travail. Pour l’instant les recherches n’avaient rien donné mais il fallait continuer jusqu’à ce que les listes soient épuisées.

 

Vers 18h30, alors que Rocher était parti chercher des cafés, Hyppolite accouru vers lui et lui tendit un morceau de papier.

- Commandant ! Tenez, ils ont quelqu’un aux urgences qui correspond au signalement d’Adèle, je vous ai noté l’adresse. Allez-y, je préviens Lamarck.

Rocher remercia Hyppolite, lui donna les cafés et prit le papier, puis il récupéra ses affaires et prit la direction de l’adresse notée par Hyppolite.

 

Quelques minutes plus tard, le Commandant Rocher était en train de courir dans les couloirs de l’hôpital, à la recherche de quelqu’un qui pourrait le renseigner.

Il vit quelqu’un au bout d’un couloir et entreprit de le rejoindre, arrivé à sa hauteur, il arrêta sa course et tout en reprenant sa respiration dit :

- Excusez-moi, Commandant Rocher, je suis à la recherche de ma collègue, on m’a dit qu’une femme avait été admise il y a peu de temps chez vous avec une blessure par balle, cela pourrait correspondre à son signalement.

- Je vous laisse aller à l’accueil des urgences, il faut retourner sur vos pas et prendre le couloir sur votre droite, ensuite vous y serez presque.

- Merci

- Il n’y a pas de quoi.

Rocher repris sa course, en espérant ne pas se faire balader d’un couloir à un autre pendant des heures, il atteignit  l’accueil des urgences et refit le même discours que deux minutes plus tôt.

- Je vais vous faire accompagner jusqu’à la chambre. Je vous laisse patienter dans le couloir.

Rocher la remercia et alla patienter, le couloir était bondé, et il n’y avait plus de chaise disponible, il se contenta de s’appuyer contre un mur, observant les gens qui patientaient avec lui. Quelques instants plus tard, une infirmière vint le chercher.

- Venez, je vous accompagne. Vous ne pourrez la voir qu’à travers la vitre, elle est trop faible pour que vous puissiez entrer.

- Ca m’ira, répondit Thomas avec un léger sourire. Tout ce qui lui importait, c’était de la voir, de savoir qu’elle était vivante.

Ils arrivèrent près de la chambre et s’approchèrent tous les deux de la vitre. En la voyant, ses jambes se mirent à flageoler, il dut se retenir au mur pour ne pas tomber. L’infirmière s’approcha de lui pour essayer de le soutenir, il était livide.

- Vous voulez peut-être vous asseoir ? Toutes ces machines, c’est impressionnant, mais…

Thomas la coupa, le regard dans le vide.

- Ce n’est pas la personne que je cherche..

- Ahhh, je suis vraiment désolée..

- Ce n’est rien, je vais continuer mes recherches.

Rocher avait repris un peu d’aplomb une fois la surprise passée mais la déception était bien là.

- Vous pouvez me donner sa description et votre numéro de téléphone, nous vous tiendrons au courant si quelqu’un correspondant à son signalement arrive chez nous.

L’infirmière lui tendit alors son bloc-notes et un crayon. Il refusa poliment et chercha dans la poche intérieure de sa veste une carte qu’il lui donna.

- Si vous entendez quoi que ce soit, c’est le numéro de la DPJ où je travaille.

- Commandant Rocher, lut-elle à haute voix.

- C’est moi-même.

- Merci, bon courage.

- Au revoir.

Il tourna les talons et repartit d’un air las. Une fois dehors, il appela Hyppolite pour lui dire qu’ils avaient fait fausse route, qu’il fallait se remettre au travail, et qu’il allait leur acheter à manger sur le chemin du retour. Lui ne se prendrait rien, tous les événements de la journée lui avaient coupé l’appétit.


Lolaluar  (16.12.2017 à 18:28)

Vers 23h,  alors qu’ils commençaient à ne plus avoir de solutions, le téléphone retentit dans la pièce. Tous se regardèrent, et Hyppolite décrocha le premier.

- Lieutenant de Courtène j’écoute.

Hyppolite écoutait attentivement son interlocuteur en jouant avec son crayon, ses collègues n’arrivaient pas à deviner le sujet de la conversation. Il finit par lever les yeux vers eux pour s’adresser à Rocher.

- Commandant, c’est pour vous.

- Pour moi ?

- Une femme vous demande, une infirmière je crois. Je vous la passe ?

- Oui, oui, je vois qui c’est. Merci.

Hyppolite lui tendit le téléphone.

- Allo ?

- Commandant Rocher ?

- Oui.

- Je suis l’infirmière des urgences, on s’est vus tout à l’heure.

- Oui, je me souviens de vous.

- J’ai fait fonctionner mes contacts, et à la clinique Victor Hugo, une femme qui pourrait correspondre au profil de votre collègue a été admise il y a une heure, vous m’avez dit d’appeler si j’avais une info alors...

- Merci Madame. Je ne sais pas comment vous remercier.

- Ecoutez, je ne suis pas certaine qu’il s’agisse bien de votre collègue, je ne voudrais pas vous donner de faux espoirs après celui de cet après-midi…

- Ne vous inquiétez pas pour ça, c’est très gentil à vous de m’avoir appelé.

- Je vous en prie. Je croise les doigts pour que ce soit elle.

- Je l’espère aussi. Passez une bonne soirée.

Il raccrocha, attrapa sa veste et se dirigea vers le couloir le regard fermé.

Emma l’interpella.

- Vous ne voulez pas qu’on vienne avec vous ?

Rocher se retourna vers elle, il était inquiet.

- Je préfère y aller seul, si ça ne vous dérange pas, et puis au moins si c’est une fausse alerte, vous pourrez continuer les recherches le temps que je revienne.

- D’accord, vous nous tenez au courant ?

- Bien sûr. A plus tard.

Il mit sa veste et leur montra son téléphone, pour leur signifier qu’il ne manquerait pas de les appeler, quelle que soit la nouvelle. Il souffla un coup pour se donner du courage et se rendit à sa voiture.

 

Il avait roulé vite pour rejoindre la clinique, et vingt minutes plus tard, le téléphone sonna dans le bureau du Commissaire Lamarck. Lorsqu’il vit s’afficher le nom de son interlocuteur, celui-ci se dirigea vers les lieutenants qui étaient restés au bureau.

 

- Rocher, vous avez du nouveau ?

- Commissaire, oui, Adèle est bien à la clinique.

La voix de Rocher tremblait d’émotion.

- Comment va-t-elle ?

- Je.. Je ne sais pas, ils ne veulent pas que j’aille la voir, ils me disent qu’elle est hors de danger mais avec tout ce qui est arrivé, je ne sais pas trop si c’est vrai ou pas.

- Vous êtes sûr que c’est elle ?

- Oui, ils ont bien voulu la prendre en photo et me la montrer, il n’y a aucun doute, c’est bien Adèle. Je n’arrive pas à croire qu’elle soit là, qu’elle soit réapparue comme ça. C’est invraisemblable !

- C’est une très bonne nouvelle, on s’interrogera sur les circonstances plus tard. Ecoutez Rocher, vous l’avez retrouvée, elle va bien, allez vous reposer.. Elle sera toujours là demain.

- Je ne peux pas… je dois rester près d’elle, je ne peux pas la laisser seule.

- Je vous envoie des collègues, on va assurer sa sécurité, il ne lui arrivera plus rien, je vous le promets. Restez vigilant encore quelques minutes, près de sa chambre, et après vous n’aurez plus à vous inquiéter.

- Merci Commissaire.

Ils raccrochèrent. Rocher alla au PC infirmier pour expliquer la situation, malgré l’heure tardive, il arriva à être persuasif, et l’infirmier qui l’avait accueilli en plus de l’écouter, avait réussi à faire venir un agent de sécurité le temps que ses collègues  arrivent et lui avait expliqué comment était fait le service. L’agent de sécurité n’était pas armé, et sans doute pas formé à intervenir, ce n’était pas son rôle dans une clinique, mais au moins, c’était une paire d’yeux supplémentaires et il connaissait les lieux. Rocher croisa les doigts pour que rien ne se produise d’ici l’arrivée des renforts, et pour ne lui faire prendre aucun risque, ils restèrent tous les deux près de la pièce où se trouvait Adèle et d’autres patients surveillés de près par l’équipe médicale. Trop préoccupé par sa sécurité, il n’eut même pas l’idée de regarder par le hublot pour l’apercevoir…

 

Le soulagement s’empara de lui lorsqu’il reconnut des collègues franchir la porte du service. Il leur indiqua où se placer puis libéra l’agent de sécurité et le remercia d’être venu. Il finit par s’asseoir sur une chaise dans le couloir, il avait les jambes lourdes après cette journée interminable.

 

Quelques minutes plus tard, Hyppolite, Jess et Emma arrivèrent dans les couloirs des soins intensifs de l’hôpital et trouvèrent le Commandant assis sur une chaise, la tête entre les mains.

- Commandant, ça va ? demande Emma. Rocher se passa alors les mains sur le visage avant de relever la tête, laissant apparaître ses traits tirés par la fatigue.

- Oui Emma, mais vous n’auriez pas dû venir, on ne peut pas voir Adèle. 

- On sait, Lamarck nous a prévenus, ce n’est pas que pour Adèle qu’on est venus… répondit Jess.

- Je vais b…

- Oui, et la marmotte…. Le coupa Hyppolite, imitant le geste d’emballer du chocolat. Ecoutez Commandant, on est une équipe jusqu’au bout. Des collègues assurent la sécurité d’Adèle, jamais une protection rapprochée n’aura été aussi importante dans le monde de la police.

- Que vous le vouliez ou non, nous resterons là tant qu’il le faudra. Vous avez pu apercevoir Adèle quand même ? demanda Emma.

- Non.

- Vous n’avez même pas essayé de forcer le passage ? demanda Jess en souriant.

- Non plus.

- Vous êtes en train de vous assagir… fit-elle avec un air étonné.

- Je ne crois pas.

Jess était une femme pétillante, sa bonne humeur toujours la bienvenue, alors il entra dans son petit jeu d’interrogatoire, ça leur faisait un petit break.

- Mais dites-moi Madame, vous êtes de la police ?

- Oui, comment avez-vous deviné ?

- Je ne sais pas, une espèce d’intuition.

- Et vous, vous faites quoi dans la vie ? Parce que vous devriez vous reconvertir dans le métier un jour, vous n’avez pas l’air trop mauvais.

- Vous pensez ?

- Oui, oui, certaine.

- Je vais y réfléchir alors, merci du conseil.


Lolaluar  (17.12.2017 à 11:14)

Une demi-heure plus tard, une femme médecin vint à leur rencontre.

- Bonjour, vous êtes de la famille d’Adèle Delettre ?

- Non, nous sommes ses collègues, elle n’a plus de famille, mais on est un peu plus que collègues, on est un peu sa famille.

- Ah, d’accord.

- Comment va-t-elle ?

- Elle va bien, la balle a été retirée, ses organes vitaux n’ont pas été touchés, elle a juste perdu une grosse quantité de sang, heureusement, elle nous a été amenée à temps. Il faut qu’elle se repose maintenant. 

- A ce propos, savez-vous qui l’a déposée ? Nous étions sur le point de la retrouver et au moment où le Commandant Rocher est entré, elle n’était plus là..

- Je ne sais pas, je suis désolé, mais peut-être que nous pourrons vous aider, je vais vous indiquer le PC incendie de la clinique, c’est là que vous aurez vos informations avec nos caméras de vidéosurveillance. De mon côté, j’aimerais m’entretenir avec l’un d’entre vous pour comprendre un peu ce qui s’est passé.

- Hyppo, tu vas au PC ? Je vais vous parler, enfin essayer de vous donner le maximum d’informations, le mieux placé serait le Commandant Rocher, mais il est parti prendre l’air, c’est dur pour nous, mais ça l’est encore plus pour lui.

- Que voulez-vous dire par là ?

- Et bien, vous voyez, ils sont disons assez proches !

Le médecin fit signe d’un sourire qu’elle avait compris, Hyppolite, lui, parut étonné.

- Jess, tu es sûre de ce que tu dis ?

- Vous les mecs, vous avez vraiment de la merde dans les yeux pour voir ce genre de choses… Il faut que je te fasse un dessin ? Rocher et Adèle, Adèle et Rocher… voilà quoi !

- Ah d’accord, et bien je te fais confiance pour ça, c’est ta spécialité dit-il en rigolant.

- Trop drôle Hyppo.

- On attend le retour de votre collègue alors pour les explications ? demanda le médecin.

- Oui, oui si vous voulez bien.

Au même moment Rocher apparut dans le couloir. Il aperçut de loin quelqu’un qui s’entretenait avec ses collègues et l’attendait visiblement car tous le regardaient. Son cœur rata un battement et  il arrêta brusquement de marcher. Son visage était devenu livide et il manqua de tomber.

 

Ce fut Jess qui fut la première à réagir. Elle se précipita vers lui et le fit s’asseoir.

- Restez avec nous Commandant !

- Commandant !

Jess lui tapota doucement le visage, il reprit ses esprits mais visiblement quelque chose le perturbait.

- Qu’est-il arrivé à Adèle ?

- Il ne s’est rien passé, le médecin venait juste nous tenir au courant de l’évolution de son état.

- Mais elle va bien ?

- Oui, oui, cela suit son cours.

- J’ai cru qu’elle était venue nous annoncer une mauvaise nouvelle…

Le reste de l’équipe était arrivé près de lui, il commençait à reprendre des couleurs.

- Ne nous faites pas peur comme ça, on a eu suffisamment d’émotions pour la journée, soupira Hyppolite.

- Désolé, ça va mieux maintenant.

- Permettez-moi d’en douter…

Le médecin était de retour avec une infirmière et un chariot  de soin et elles n’avaient pas l’air de rire…

- Monsieur Rocher, j’ai assez de patients à m’occuper, les visiteurs, je ne suis pas censé les gérer. Je vais faire une petite exception en prenant vos constantes, parce que je sens qu’on va avoir un problème plus important avec vous si cela continue. Des durs à cuire comme vous, j’en ai vu, alors ils résistent longtemps mais quand ils sont à bout, ce sont les plus compliqués à gérer.

Le médecin l’avait bien cerné et même si Rocher s’en serait bien passé, il accepta docilement d’être examiné, le médecin disait vrai, il n’y avait pas pire patient que lui.

Il savait d’avance que le résultat ne serait pas terrible, il ne fut pas étonné lorsque le médecin reprit la parole, sur ton beaucoup moins dur cependant, cela ne servait à rien de l’accabler plus.

- Vous êtes en hypoglycémie, et votre tension est trop basse. Depuis quand n’avez-vous pas mangé ? Ni dormi ?

- Je sais que je suis allé trop loin, que mon corps n’en peux plus, mais il fallait que je la retrouve… J’ai juste besoin de la voir, de me rendre compte qu’elle est bien vivante.

Ils échangèrent un regard, celui de Rocher était presque implorant.

- Je comprends Monsieur Rocher, mais dans l’état actuel des choses, ce n’est pas possible.

Rocher déglutit avec difficulté mais encaissa sans rien dire, ses trois collègues s’échangèrent un regard, ils n’étaient pas habitués à ce que Rocher abdique aussi facilement.

- Par contre, si d’ici demain matin, vous avez repris des forces, vous pourrez la voir. Après la nuit de surveillance, si tout va bien, elle sera transférée dans une chambre. Je vous propose un deal : je vous laisse la voir à travers le hublot une minute, ensuite vous allez en salle des familles, vous vous restaurez et vous dormez. Demain matin, je vous envoie un collègue qui reprendra vos constantes, et si elles sont meilleures et que l’état de votre collègue le permet, alors nous vous laisserons la rejoindre dans sa chambre.

- Merci Docteur.

Il lui adressa un regard empreint de reconnaissance.

Le médecin prit congé d’eux, et Rocher se dirigea accompagné de ses collègues vers la salle de soins intensifs. Pendant une minute, ils observèrent Adèle, qui ne montra pas de signe inquiétant, puis ils rejoignirent la salle des familles où Rocher mangea sans appétit un sandwich. Il n’avait pas envie de parler et ses collègues l’avaient compris, mais ils étaient là et leur présence lui faisait du bien.

Il finit par s’installer dans un fauteuil, et la fatigue eut rapidement raison de lui, mais son sommeil était agité et il se réveilla une dizaine de fois. A chaque fois, un de ses collègues lui adressait un regard rassurant, il savait que s’il se passait quelque chose, ils le réveilleraient. Ils l’épateraient toujours, ils avaient même fait un tour de surveillance pour qu’il puisse se reposer.


Lolaluar  (18.12.2017 à 18:03)

Au petit matin, alors que le jour ne s’était pas encore levé, Rocher était déjà réveillé, tout le contraire de ses collègues qui s’étaient finalement tous assoupis. Il pourrait se moquer gentiment d’eux plus tard, il est vrai qu’Hyppolite et Jess n’étaient pas habitués à ce genre de choses. Il savait qu’il était beaucoup trop tôt pour retrouver Adèle, mais il savait aussi qu’il n’arriverait pas à se rendormir. Il décida donc d’aller acheter le petit déjeuner pour tout le monde sans oublier de faire un crochet pour apercevoir Adèle quelques secondes. Elle dormait toujours, rassuré, il alla échanger quelques mots avec les collègues qui assuraient la surveillance de la chambre, puis il fit son tour, il était trop tôt pour appeler Lamarck, lui donner des nouvelles d’Adèle et connaître le programme de la journée. Il espérait juste qu’une enquête ne leur tombe pas dessus.

Lorsqu’il revint dans la salle des familles, Emma ouvrit les yeux, elle chuchota pour ne pas réveiller ses collègues.

- Vous êtes déjà debout Commandant ?

- Oui, je n’ai plus sommeil, mais vous pouvez dormir encore, désolé si je vous ai réveillé. Et laissez tomber le tour de garde, ça ne sera plus utile.

Il montra du menton Hyppo et Jess endormis et sourit à Emma, elle soupira en les voyant et finit par secouer la tête en souriant à son tour. Il lui fit signe de continuer à se reposer, il avait déjà repris sa place de chef protecteur ce qui soulagea Emma qui put se rendormir sans inquiétude.

 

La matinée parut interminable aux policiers. Ils avaient pris le petit-déjeuner ensemble, Rocher n’y avait quasiment pas touché et avait eu le feu vert de justesse de la part du médecin pour pouvoir enfin retrouver Adèle. Celui-ci l’avait prévenu qu’il fallait quand même qu’il soit patient, que cela ne se ferait pas avant la fin de la matinée, le temps que l’équipe soignante s’occupe de tous les patients et qu’Adèle soit transférée dans une chambre seule.

Hyppolite s’était rendu au PC sécurité puis ils avaient eu Lamarck au téléphone et celui-ci avait demandé à Hyppolite de rentrer afin qu’ils s’occupent tous les deux des caméras de surveillance. Ils laisseraient les agents en surveillance tant que l’inconnu qui avait déposé Adèle ne serait pas identifié et retrouvé.

 

Emma et Jess discutaient toutes les deux laissant Rocher tranquille, il était toujours aussi peu bavard et plus le moment de retrouver Adèle arrivait, plus elles le sentaient nerveux, elles lui jetaient de temps en temps des regards inquiets, lui avait les yeux rivés dehors, perdu dans ses pensées. L’atmosphère changea radicalement lorsqu’une infirmière vint en fin de matinée annoncer à Rocher qu’il pouvait rejoindre Adèle. Il était presque gêné d’être le premier à aller la voir alors que les filles avaient elles aussi veillé toute la nuit, mais elles l’encouragèrent et lui dirent de l’embrasser pour elles. Bien sûr, elles auraient aimé voir Adèle aussi, mais leur tour viendrait plus tard.

 

L’infirmière leur indiqua dans quelle chambre se trouvait Adèle  puis accompagna le Commandant en lui expliquant qu’elle s’était réveillée le matin, mais qu’elle était très fatiguée et qu’elle dormirait à nouveau sans doute pendant un petit moment. Elle avait encore une perfusion de morphine et un pansement couvrant sa plaie mais cela était normal et c’était le signe qu’elle était maintenant hors de danger. Il ne lui restait plus qu’à attendre qu’elle se réveille. Voyant que Rocher n’osait pas trop s’approcher, elle rapprocha le fauteuil du lit et invita le Commandant à s’y installer puis elle s’éclipsa. Il demeura debout encore quelques instant pour profiter de la vue d’Adèle dormant apaisée mais son corps le trahit une nouvelle fois et avant que ses jambes ne le lâchent, il rejoignit le fauteuil. Il se maudit de n’avoir presque rien avalé le matin, il s’en était fallu de peu pour qu’il se fasse à nouveau attraper par la patrouille en flagrant délit de faiblesse.

 

Pendant de longues minutes, il resta en silence à l’observer, leurs deux respirations étant les seuls bruits rompant le silence. Il avait pris sa main dans les siennes et posa son front dessus, il ferma les yeux quelques secondes. Quand il les rouvrit, les quelques secondes s’étaient transformées en une heure, il n’avait pas entendu l’infirmière revenir et déposer à manger sur la tablette. C’est le petit mot écrit à côté qui attira son attention, il allongea le bras pour le récupérer, c’était plein d’humour mais le ton était quand même ferme. Elle lui conseillait de manger sous peine d’appeler le médecin et de l’exclure de la chambre.

Rocher reconnut les friandises que ses collègues avaient amenées la veille, il ne put s’empêcher de sourire en pensant à eux, ils savaient qu’il ne mangeait pas trop de cochonneries, mais pour celles-là, il faisait parfois exception. Au moins, même s’il n’avait pas faim, il allait quand même en manger.

 

Une nouvelle heure passa sans qu’il ne se passe rien, mais Rocher n’était pas pressé, il était même surpris de sa patience, qui ne faisait pas forcément partie de ses qualités habituellement. Il caressa le front d’Adèle avec son pouce et remit une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Adèle, dit-il tout bas, comme pour l’inciter à se réveiller.

Il avait envie de la prendre dans ses bras, de la couvrir de doux baisers, mais il ne voulait pas précipiter les choses, il se sentait revivre depuis qu’il était entré dans cette chambre et profitait de chaque seconde auprès d’elle. Certes Adèle était blessée, mais ce n’était qu’une question de jours pour que sa blessure physique ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Restait à savoir comment elle se remettrait de ce nouvel épisode difficile dans sa vie.

Aurait-elle un jour une vie sereine ? Arriverait-elle à vivre un jour sans regarder derrière elle, à profiter de la vie, de ses proches ? Autant de questions qui se bousculaient dans la tête de Rocher.

Il poussa un long soupir en regardant la main d’Adèle dans les siennes.

- Adèle, tu es en sécurité, je ne laisserai plus jamais personne te faire du mal.

Il le disait pour encourager Adèle, parce qu’il savait qu’elle pouvait l’entendre, il le disait sans doute aussi un peu pour lui, pour se rassurer après les derniers événements, il avait tout fait pour la retrouver, il n’avait juste pas eu le coup de pouce du destin pour arriver à temps. Il l’a tutoyait aussi, comme elle l’avait fait avec lui lorsqu’il était à l’hôpital suite à l’explosion dont il avait été victime il y a quelques temps.

Tout le monde avait raison, il était épris d’elle, et ces derniers mois, ces dernières semaines, malgré les difficultés, qu’il avait apprécié ces moments ! Se lever le matin et savoir qu’il allait travailler avec une super équipe, mais aussi avec la présence d’Adèle à ses côtés, en dépit de la menace Argos qui planait sur elle. Il la trouvait magnifiquement courageuse et passionnée par son travail. Comme Chloé auparavant, elle partait parfois dans tous les sens, et même si de temps en temps il avait du mal à suivre, les résultats étaient là et leur équipe avait le respect de beaucoup de collègues.

Il l’a regarda d’un air attendri, profitant de ses jolis traits pendant qu’elle dormait.

Enfin, des signes de réveil d’Adèle le tirèrent de sa contemplation. Combien de temps était-il resté à l’observer ? Il n’en avait aucune idée, et comme personne n’était venu troubler ce moment paisible, il avait l’impression que le temps s’était arrêté.


Lolaluar  (19.12.2017 à 19:12)

- Adèle ?

Son cœur battait la chamade, enfin, enfin il allait pouvoir lui parler, lui dire combien elle lui avait manqué !

Il prit sur lui pour rester assis afin de lui laisser le temps d’émerger, et se contenta de garder la main d’Adèle dans les siennes.

Durant quelques minutes, Adèle oscilla entre le sommeil et le réveil, elle essayait d’ouvrir les yeux, mais peine perdue, c’était trop tôt, alors elle les refermait, se reposait et recommençait quelques instants plus tard.

Rocher restait immobile, silencieux, l’encourageant par ses pensées.

Elle eut besoin de plusieurs tentatives pour bien se réveiller et finit par bouger un peu plus et ouvrit enfin complètement les yeux.

Elle grimaça en voulant se relever.

- Doucement, murmura-t’il, tu n’es pas en état de faire de la gymnastique.

Il lui sourit en passant délicatement les doigts dans ses cheveux.

- Thomas ?

Adèle était encore vaseuse, et n’arrivait pas encore à discerner ce qui l’entourait.

- Oh non pas encore, c’est un cauchemar… gémit-elle, persuadée de revivre une nouvelle fois ce qui s’était passé chez Argos quand elle avait cru que Rocher venait la sauver.

Celui-ci commençait à s’inquiéter, Adèle avait l’air de paniquer.

- Adèle, c’est moi, tout va bien, tu es à l’hôpital, c’est terminé.

Adèle referma les yeux quelques minutes, elle semblait s’apaiser.

Quand elle les rouvrit, son regard avait changé, il était devenu sombre.

Adèle retira sa main de celle de Thomas.

- Qu’est-ce qu’il y a ? lui demanda-t’il étonné de sa réaction.

- Rien, je…. je vous ai vu quand j’étais dans la voiture, vous êtes allé voir Baranski. Au lieu de m’enlever des mains d’Argos, vous êtes allé voir Baranski ! Vous l’avez faite passer avant moi !

Pour Rocher, ce fut la douche froide, il ne s’attendait pas à une telle réaction. En plus de ça, elle le vouvoyait, cela accentuait la distance qu’elle mettait entre eux.

- Ce sont des reproches ?

- Si vous étiez arrivé à temps, Argos ne nous aurait pas séquestrées, Sarah et moi…

- Je n’avais aucune chance contre une voiture ! J’ai aussitôt lancé du monde à ta poursuite, et j’ai continué à te chercher pendant plusieurs jours…

- Vous m’avez abandonnée !

Le Commandant secouait la tête, il n’arrivait pas à croire ce qui se passait.

- Ce n’est pas vrai..

- Je préfère que vous partiez.

Le Commandant était affligé, il n’eut même pas la force de se battre.

- D’accord, je te laisse tranquille, fais-moi signe quand tu voudras que je revienne.

- Non, en fait, je veux que vous partiez, sans revenir…

- Pardon ? Rocher ne sut comment réagir autrement, abasourdi par la réponse d’Adèle.

- Ne revenez pas.

- Tu ne peux pas me dire ça Adèle, pas comme ça, pas maintenant !

Elle ne répondit pas. Le visage du Commandant s’était décomposé…

- Donc ça se termine comme ça ? demanda Rocher, visiblement blessé. Adèle le lui avait dit en le regardant droit dans les yeux, un vrai coup de poignard…

- Oui, au revoir, répondit Adèle en  se retournant pour lui tourner le dos.

Le Commandant resta pantois quelques secondes assis sur le fauteuil, le temps d’encaisser et de calmer son cœur qui battait si fort dans sa poitrine, qui lui faisait si mal, mais il ne voulait pas craquer, pas devant elle, pas devant ses collègues. Il quitta ensuite la chambre, hagard, ne répondant pas à ses collègues qui l’interpelèrent  suite à son départ. Emma et Jess, qui étaient restées pour les soutenir, se regardèrent médusées. Elles n’avaient aucune idée de ce qui s’était passé dans la chambre, et elles ne savaient pas si elles pouvaient rejoindre Adèle. Elles décidèrent de lui écrire un petit mot qu’elles feraient passer par une infirmière, il était temps qu’elles retournent au travail. Elles repasseraient dès qu’elles en auraient l’occasion, il fallait aussi qu’elles préviennent Lamarck que tout ne s’était pas passé comme prévu.

 

Rocher n’était pas réapparu de la journée, il avait prévenu Lamarck mais n’avait pas donné de raison, il n’était pas absent souvent et Lamarck lui faisait assez confiance pour ne pas lui demander. Il y avait une intonation dans sa voix qui ne le rassurait pas cependant, il n’avait pas donné de détails concernant Adèle, mis à part qu’elle allait bien et qu’elle s’était réveillée. Lorsqu’Emma et Jess arrivèrent, elles ne furent pas capable de lui donner plus d’explications, elles lui racontèrent juste ce qu’elles avaient vu et comment s’était déroulé la nuit.


Lolaluar  (20.12.2017 à 20:00)

En fin d’après-midi, Hyppolite entendit son téléphone sonner, lorsqu’il vit qui l’appelait il décrocha aussitôt.

- Oui Lucas, qu’est-ce qu’il se passe ?

- Papa est rentré… mais… je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas, il est bizarre..

- Comment ça bizarre ?

- J’étais étonné qu’il rentre car il ne m’avait pas prévenu alors je suis allé voir si c’était bien lui. Je l’ai trouvé assis contre la porte. Quand je lui ai demandé si vous aviez retrouvé Adèle, il s’est mis à pleurer et la dernière fois que je l’ai vu comme ça… C’est quand Maman est morte…Il a dit des choses…

Hyppolite couru en direction du bureau du Commissaire Lamarck, qui le fit rentrer, il avait entre-temps mis son téléphone en haut-parleur.

- Que t’a-t-il dit Lucas ? demanda Hyppolite d’une voix la plus calme possible, faisant signe au Commissaire d’écouter.

- Il a dit qu’il était nul, qu’il ne savait pas protéger ceux qu’il aimait, qu’il était un mauvais père, qu’il n’aurait pas dû laisser ses sentiments s’exprimer, qu’il ne méritait pas d’être heureux… Hyppolite, pourquoi il dit ces choses-là ?

- Je n’en ai pas la moindre idée.

- Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi lui dire… Hyppolite, j’ai peur qu’il fasse une bêtise..

- Lucas, tant que tu es près de lui, il ne fera rien d’idiot, si tu arrives à garder un semblant de contact, même si vous ne parlez pas en attendant qu’on arrive, ça sera parfait.

Le Commissaire prit alors son manteau et ses clés, et fit un signe à Hyppolite avant de sortir du bureau.

- D’accord.

Pendant qu’il parlait au téléphone, Lucas jetait des coups d’œil inquiets dans l’appartement.

Soudain, un bruit de verre brisé le fit sursauter.

- Papa !!!!! hurla-t’il.

- Lucas, qu’est ce qui se passe ? s’inquiéta Hyppolite.

Pour toute réponse, il n’eut que le silence, l’angoisse commençait à l’envahir.

- Lucas ! Merde ! Lucas !


Lolaluar  (21.12.2017 à 22:10)

De longues secondes s’écoulèrent laissant Hyppolite dans une grande inquiétude et enfin, la voix de Lucas revint.

- Hyppolite, tout va bien.

- Tu m’as foutu la frousse Lucas !

- Désolé, mais moi aussi j’ai eu peur, c’est rien, c’est juste un verre qui est tombé, papa est en train de nettoyer.

- Ok ce n’est pas grave, répondit-il soulagé, garde ton téléphone près de toi, le Commissaire Lamarck vient chez vous, tu peux m’appeler à tout moment si tu as besoin.

- Merci, c’est gentil.

- C’est normal mon grand, allez tiens bon, dans dix minutes il sonne chez toi. Bonne soirée.

- Bonne soirée à toi aussi.

Ils raccrochèrent tous les deux, non sans une pointe d’appréhension malgré leur discussion.

Quelques minutes plus tard, la sonnerie retentit dans l’appartement, Lucas annonça à son père qu’il allait ouvrir.

- Bonjour Lucas, dit le Commissaire en posant la main sur son épaule en signe de réconfort. Ça va ?

- Ca pourrait aller mieux, répondit-il en soupirant. Je suis content que vous soyez là, je suis inquiet…

- Je sais, je vais essayer de lui parler. Le sourire paternel du Commissaire rassura enfin Lucas.

- Vous voulez que je vienne aussi ?

- Non ça ira, fais ce que tu as à faire, je t’appellerai si besoin.

- D’accord, alors je vais dans le salon si vous me cherchez.

Lucas montra du menton la pièce où se trouvait son père au Commissaire, puis se dirigea dans le salon et commença à regarder distraitement la télé, en mettant le son au minimum pour essayer d’entendre la discussion qui allait suivre.

 

Le Commissaire trouva le Commandant assis à table, jouant avec un verre qui semblait rempli d’alcool. Il s’appuya contre l’encadrement de la porte avant de lancer la discussion.

- Vous savez que ça ne va pas vous aider ?

Thomas leva les yeux dans sa direction, et le Commissaire ne sut ce qu’il vit dans ses yeux rougis d’avoir trop pleuré : de la tristesse, de la lassitude, du fatalisme… Il soupira et désigna le bar.

- Je sais que ça ne m’aidera pas, et je ne me mettrai pas minable devant Lucas, je fais beaucoup de conneries, mais je ne ferai pas celle-là, c’est pour ça que je ne m’en suis servi qu’un et que j’ai rangé la bouteille, mais je peux la ressortir si vous en voulez un.

- Non merci, ça ira.

Le Commissaire fut étonné que son Commandant lui réponde aussi vite, il s’était attendu à devoir faire face à un mur. Cependant, sa joie fut de courte durée, dès qu’il prononça le prénom de leur collègue, il vit son visage se rembrunir.

- Les médecins ont dit qu’Adèle allait s’en sortir sans séquelles, enfin une bonne nouvelle.

Cela ne déclencha pas de réaction chez le Commandant.

- Rocher, c’est fini, Argos est mort, Adèle est hors de danger. Adèle va enfin pouvoir vivre sa vie sans regarder derrière elle.

Il tenta un sourire mais l’absence de réaction positive l’interpellait, il se demandait pourquoi Rocher réagissait de la sorte alors qu’il venait de retrouver Adèle.

- Vous allez me laisser faire un monologue longtemps ? Non parce qu’au bout d’un moment je vais me lasser…

Il prit une chaise et s’assit en face de Thomas.

- Il y a un problème avec Adèle ?

Toujours pas de réponse, le Commandant se contentait de fixer son verre. Le Commissaire Lamarck commençait à perdre patience, il se racla la gorge et reprit la parole.

- Bon, on va parler sérieusement maintenant, parce que je ne me suis pas déplacé pour rien. Ce soir, Lucas nous a appelés, il était très inquiet quand vous êtes rentrés. Et franchement, quand je vous vois, je ne suis pas rassuré non plus. Mais je ne comprends pas pourquoi, vous pourriez peut-être m’éclairer ?

Le Commandant finit par soupirer avant de répondre enfin à son supérieur.

- Je ne sais pas si j’ai très envie d’en parler et puis vous avez sans doute mieux à faire que de perdre votre temps avec moi ce soir.

- Dans ce cas, je vais emmener Lucas pour la nuit, parce que je ne suis pas certain que ce soit une très bonne idée de le laisser seul avec vous, il ne va pas dormir de la nuit s’il est inquiet. Et il doit avoir cours demain…

- Lucas dormira ici, il n’y a rien à craindre.

Le ton de Rocher était presque agressif, mais on ne touchait pas à son fils, Lamarck venait de toucher une corde sensible.

- A vous observer, je ne dirais pas la même chose.

- Je vais bien. Thomas leva la tête et le regarda dans les yeux pour se montrer plus convaincant.

-Vous vous êtes regardé dans un miroir ? Vous avez vu la mine épouvantable que vous avez ?

- Je suis juste fatigué…

- Ce n’est pas ce que je lis dans vos yeux.

Cette fois, Thomas détourna le regard et fixa la fenêtre. Sa nervosité se ressentait dans la pièce, il triturait son verre et Lamarck se demanda s’il n’allait pas finir par l’envoyer à travers la cuisine. Il savait qu’il devait pousser le Commandant à bout pour qu’il finisse par se confier, mais il avait peur d’aller trop loin et de provoquer chez lui une réaction qu’il ne pourrait pas gérer. Avec Lucas dans les parages, c’était risqué, mais quelque chose le tracassait dans son attitude et il n’arrivait pas à saisir quoi. Depuis qu’il avait eu l’appel de Lucas, le Commissaire avait retourné la question dans tous les sens : revoir Adèle et la savoir en sécurité aurait dû soulager Rocher, mais ça avait l’air de provoquer l’effet inverse et il voulait comprendre pourquoi.

- Il va bien falloir qu’on parle pourtant. Et puis, je fais quoi demain sans la moitié de mon équipe ?

- Je serai au travail demain matin, faut pas vous en faire pour ça.

- Et vous pensez tenir combien de temps dans cet état ?

- Ce n’est pas vraiment la première nuit où je ne vais pas dormir…

- Parce que vous ne comptez pas dormir cette nuit ? Vos collègues m’ont raconté vos aventures à la clinique, ce n’est quand même pas compatible avec le travail de ne pas tenir sur ses jambes, en particulier quand on fait notre métier. Dormir, manger, ce sont deux choses que vous n’avez plus l’air de connaître. Tout est rentré dans l’ordre, où est le problème alors ?

- Il n’y a pas de problème.

La phrase de Rocher finit dans un murmure, le Commissaire sauta sur l’occasion pour s’introduire dans la brèche, il n’en aurait sans doute pas d’autre et il savait combien Rocher s’était blindé depuis la mort de sa femme, c’était décidément beaucoup plus facile de faire parler ses collègues féminines lorsqu’elles étaient en difficulté !

- Bon, le petit jeu est terminé, vous me donnez l’explication ? Vous avez mis toute votre énergie à retrouver Adèle, maintenant qu’elle est retrouvée, au lieu d’être comme heureux et soulagé comme nous tous, vous semblez au contraire dévasté !

- Je suis soulagé qu’elle ait été retrouvée…

- Mais ?

- Mais rien…

- Il me semblait que vous étiez assez proches tous les deux, je me trompe ?

- C’est vrai.

- Bon sang, aidez-moi Rocher, je ne vais pas vous arracher les mots à chaque phrase, on va y passer la nuit !

- C’est idiot, voilà pourquoi je n’ai pas envie d’en parler…

- Qu’est-ce qui est idiot ?

Après quelques secondes de réflexion, Rocher prit une profonde inspiration et se lança.

- D’avoir cru qu’on pensait tous les deux la même chose … d’avoir laissé mes sentiments grandir pour elle... Sa voix se brisa et ses yeux se remplirent de larmes.

- Vous trouvez ça idiot vous ?

- Oui, j’étais aveuglé comme un ado qui vit son premier amour, je n’ai pas vu qu’elle ne voulait pas aller plus loin, elle me laissait avoir des gestes de tendresse et puis au moment où ça pouvait aller plus loin, elle prenait de la distance. J’ai pris ça pour je ne sais pas, de la timidité, mais c’est très clair maintenant…

- Ecoutez, je connais Adèle, je vous ai vus tous les deux vous parler, échanger des regards, il se passe quelque chose entre vous.

- Alors soit on ne voit pas les choses de la même façon avec Adèle soit elle ne recherche pas la même chose que moi…

- Je sais que vous êtes sincère Rocher dans ce que vous dites et ce que vous ressentez, je n’ai jamais eu l’occasion de voir cette facette-là de vous. Ca me touche de vous voir vous ouvrir, mais en même temps, ça m’embête de vous voir dans cet état là… Je pense qu’elle voudrait la même chose que vous, mais vous connaissez Adèle, le long terme et elle, ça fait deux.

- Je ne sais même pas si c’est une question de durée, ou de s’engager, c’était non tout court, elle ne veut pas me voir.

- Vous êtes sûr qu’elle pensait ce qu’elle a dit ?

- Comment ne pas la croire ?  Elle m’a demandé de partir de la chambre. On ne peut pas faire plus direct. Je l’ai fait répéter, elle était sûre d’elle, elle m’a regardé dans les yeux et elle l’a répété. Elle m’a dit de ne pas revenir. Je ne sais pas si ce sont ces mots qui étaient les plus durs ou si c’était son regard, c’est comme si j’étais devenu son ennemi, après tout ce que j’ai fait, c’est injuste...

Lamarck sentait  le découragement de Rocher, il tentait de trouver des choses positives à lui dire, mais la blessure semblait profonde, et il savait Adèle capable de dire des choses qu’elle ne pensait pas réellement, pour se protéger, ou d’avoir parlé trop vite pour n’avoir pas pris assez le temps d’analyser la situation. Elle était très forte dans son travail, mais d’un point de vue personnel, elle était une catastrophe parfois pour voir le bien et le mal autour d’elle. Et elle renfermait une violence qu’elle arrivait à canaliser en règle générale, mais il arrivait parfois que ses vieux démons la rattrapent et Rocher avait l’air d’en avoir fait les frais.

- Elle était sans doute encore sous le choc quand vous l’avez vue.

- Peut-être mais de là à ne plus vouloir me voir, je ne comprends pas pourquoi. Elle m’en veut de ne pas être arrivé à temps dans l’entrepôt, elle m’en veut de ne pas être arrivé à temps dans la maison.. Comme si je ne culpabilisais pas assez... Je connais son histoire, je sais qu’elle était en danger, je sais que je devais la protéger, je devais la sauver de la monstruosité de ce type, et je n’ai pas réussi. Alors quoi, ça veut dire qu’elle me le fait payer ?

- Vous savez que vous ne pourrez jamais sauver tout le monde.

- Mais Adèle, ce n’est pas tout le monde. Elle est importante pour moi…

- Comme vous êtes important pour elle…

- Alors pourquoi elle m’a laissé faire si c’est pour ne pas aller plus loin ? Mes gestes n’étaient pas ambigus, je n’aurais jamais fait ça avec d’autres collègues… quelle bonne idée d’ailleurs, d’avoir des sentiments pour une collègue, y’a rien de mieux pour mettre le bordel au travail..

- On a déjà eu le cas, et cela n’a pas posé de souci.. Vous êtes en train de chercher des problèmes là où il n’y en a pas et vous mélangez un peu tout. Vous êtes très fatigué, vous êtes déçu, un peu de repos vous ferait sans doute du bien.. Vous avez laissé beaucoup d’énergie ces derniers jours.

- Je sais que je suis à plat, on a tous mis toute notre énergie à la retrouver, peut-être moi plus que les autres, mais tout le monde a donné du sien. Depuis la mort de Julia, je ne me suis jamais vraiment permis d’avoir à nouveau une relation sérieuse, je ne sais pas si c’est par peur de blesser Lucas, ou si c’est moi qui n’arrive pas à franchir le pas. Là j’ai cru que c’était différent, que c’était réciproque, en plus je sais que Lucas apprécie Adèle et inversement alors peut-être que je me suis laissé porter par une naïveté qui n’existe pas dans mon tempérament normalement. Depuis des semaines, je me suis impliqué pour qu’elle aille bien, pour que son quotidien soit plus facile, qu’elle oublie ce connard, je me suis ouvert à elle, tout ça pour rien…

- Je comprends que ce soit difficile, mais peut-être qu’il faut que vous preniez un peu de recul, laissez-vous du temps, à tous les deux de digérer ce qui s’est passé, et de parler tranquillement plus tard.

- Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer sans elle, enfin je veux dire, à travailler avec elle si … enfin si ça s’arrête là.

- Je serais bien embêté si vous n’arriviez plus à travailler ensemble tous les deux. Comme avec Chloé, vous formez une belle équipe avec Adèle et vos collègues. De toute façon, ça me parait plus que compliqué de me passer de vous.

- Personne n’est irremplaçable…

- C’est sûr, mais vous faites du bon travail, et j’aimerais bien que ça continue.

- Je vais essayer, mais je ne vous garantis rien.

Tout cela lui paraissait insurmontable à ce moment précis, il aurait aimé être sur un ring, pour déverser toute sa rage et sa tristesse, et finir par se prendre un crochet qui le mettrait KO histoire de tout oublier. Malheureusement, la vie ce n’était pas ça, il ne le savait que trop bien, et demain il allait falloir repousser sa douleur pour  aller travailler sans rien laisser paraître, à l’image du Commandant Rocher.

De son côté, Lamarck semblait buter sur un os, il avait l’impression de ne pas avoir avancé dans la discussion. Pas très illogique quelque part, Rocher semblait « juste » avoir une peine de cœur et à part le soutenir, il n’y avait pas grand-chose à faire, à part lui laisser le temps de cicatriser, il espérait juste qu’il arriverait à passer à autre chose car il ne connaissait pas ce côté blessé du Commandant et comment il allait se comporter. Il allait avoir aussi du travail du côté d’Adèle pour lui faire remonter la pente, la faire revenir au travail, intégrer Ulysse à ce nouveau quotidien, la surveiller un peu dans les jours, voire les semaines à venir puisque visiblement ça ne serait pas le rôle de Rocher. Il sentait qu’il allait quand même devoir régler cette histoire, comment allait-il faire si à l’avenir, ses deux meilleurs éléments n’étaient plus capables de travailler ensemble ?

Rocher sentit le doute s’emparer de Lamarck. Il décida qu’il était grand temps de le libérer. Ils avaient parlé un long moment tous les deux finalement, et même s’il s’était confié à son chef, il n’avait pas l’impression que ça lui avait fait du bien de parler alors autant qu’il abrège la discussion.

- Je suis désolé de vous avoir fait perdre votre temps, vous avez une famille à rejoindre.

- Je n’ai pas perdu mon temps. Lucas est rassuré, vous me semblez aller un peu mieux, en tout cas, vous m’avez confié des choses qui me permettent d’y voir plus clair. Rocher, je ne peux pas me permettre de ne pas vous avoir à la DPJ…

- Je serai là demain, ne vous faites pas de souci pour moi.


Lolaluar  (22.12.2017 à 21:36)

Une fois Lamarck parti, il prépara rapidement à manger pour Lucas et le regarda manger. Son fils grandissait et son appétit aussi, il mangeait comme deux en ce moment !

Lucas avait tout entendu de la discussion et ça le peinait de savoir qu’avec Adèle les choses n’étaient pas au beau fixe. Son père ne lui avait pas parlé de sa relation avec elle, mais il n’était pas dupe, sa façon de parler d’elle, sa gaieté et sa sérénité plus importantes ces derniers temps le prouvaient, il changeait et ce n’était pas pour lui déplaire. Son père s’épanouissait à nouveau dans sa vie et c’était la chose la plus importante à ses yeux, c’était dur de le voir prendre le chemin inverse et de le voir malheureux comme ce soir. Alors il se dépêcha de finir ses devoirs, de préparer ses affaires et de se laver, puis il rejoignit son père dans le canapé afin qu’ils puissent passer la soirée ensemble. Il savait que son père ne se confierait pas et puis ce n’était pas le rôle d’un enfant de consoler un parent suite à une rupture mais à sa façon, il voulait lui montrer que maintenant qu’il était plus âgé, son père pouvait compter sur lui dans les moments difficiles.

Ils choisirent un film d’action à regarder et s’installèrent mais avant qu’il ne démarre, Lucas commença à taquiner son père en lui envoyant un coussin dans la figure. Rocher grogna mais quand il vit son fils sourire, il arrêta et déposa le coussin à côté de lui. Quand il en reçu un deuxième, et entendit un petit rire, il décida que la guerre était déclarée. Il saisit la cheville de son fils et essaya de l’attirer vers lui. Lucas poussa un cri et éclata de rire, il essayait de se défendre mais sur le dos, il n’avait aucune chance contre son père, surtout que ce dernier avait attrapé un cousin et commençait à lui écraser gentiment sur le visage. Lucas ne voyait plus rien et Rocher se mit à le chatouiller. La lutte était bien trop inégale, surtout avec Lucas qui ne parvenait pas à quitter son fou rire. Rocher le laissa donc reprendre son souffle et lui donna la possibilité de faire un deuxième round. Cette fois, Lucas se releva pour faire face à son père, le combat ne dura pas beaucoup plus longtemps, Rocher avait trop l’esprit de compétition et sa fierté lui interdisait de perdre contre son fils. Mais il lui avait donné un peu de fil à retordre ce coup-ci. Ils se rassirent sur le canapé pour reprendre leur souffle et se regardèrent en souriant, ça faisait du bien de se défouler ! Lucas remit ses cheveux ébouriffés en place, signature de son père après sa victoire.

Rocher avait encore largement le dessus même si son fils commençait pourtant à bien se défendre, mais il lui fallait encore grandir, et faire des heures de musculation pour pouvoir espérer le battre un jour. Le temps était son meilleur allié, une fois que Dame Nature aura fait son travail, les rôles s’inverseraient inévitablement. En attendant, il ne fallait pas qu’ils prennent trop cette habitude même si c’était un bon moment car le canapé risquait de ne pas supporter longtemps leurs petites batailles.

Le calme était revenu dans la pièce et Lucas se cala contre son père. D’abord surpris par la réaction de son fils, Rocher resta immobile, un adolescent qui vient se coller à son père, ce n’était pas très courant ! Il finit par l’entourer de ses bras pour le serrer contre lui, Lucas se laissa faire de bon cœur et apprécia ce moment particulier. Rocher quant à lui en profita pour emmagasiner tout l’amour que lui portait son fils, puis après l’avoir embrassé sur la tempe, il relâcha son étreinte. Le câlin était terminé et ils se mirent à regarder leur film.

Si son garçon avait été sa raison de vivre il y a quelques années, il l’était encore aujourd’hui. Il avait compris pourquoi Lucas venait d’agir comme ça, et en plus de lui faire un bien fou, il eut un sentiment de fierté qu’il n’allait pas quitter de sitôt.


Lolaluar  (23.12.2017 à 17:43)

Le lendemain, dans la matinée, Lamarck vint voir Rocher à son bureau.

- Rocher, vous pouvez venir s’il vous plait ?

- J’arrive.

Il suivit Lamarck dans son bureau, Hyppolite y était déjà.

- Asseyez-vous.

Ils s’installèrent tous les trois.

- Ecoutez Rocher, je sais que ce n’est pas forcément le bon moment d’en parler mais je dois vous mettre au courant.

- Au courant de quoi ?

- La recherche des bandes de vidéo-surveillance n’a rien donné concernant l’inconnu qui a déposé Adèle à la clinique. On voit bien son visage, mais il est inconnu de nos services. Je sais que vous auriez aimé le retrouver pour comprendre son geste mais ça va être compliqué…

Hyppolite appuya les paroles de Lamarck par des images de vidéosurveillance. Rocher soupira.

- Ce type est juste un bon samaritain alors…

- Cet homme ne représente pas un danger pour Adèle, il l’a amenée à la Clinique, même si sa présence chez Argos reste inexpliquée et le restera sans doute. Nous devons oublier cet événement et passer à autre chose, au moins à ce niveau-là.

L’allusion de Lamarck était claire, il lui demandait d’oublier l’inconnu, et concernant le problème avec Adèle, il leur laissait le temps.

Ils étaient tous les trois embarrassés par cette nouvelle vis-à-vis d’Adèle, qu’allaient-ils lui annoncer ? Allaient-ils lui mentir afin qu’elle ne se pose pas de questions à ce sujet ? Elle avait tellement passé de temps à surveiller ses arrières dans sa vie que peut-être inventer une histoire sur cet inconnu lui permettrait de vivre normalement. Et en même temps, mentir à Adèle leur paraissait inconcevable. Mais avait-elle au moins le souvenir d’avoir été emmenée par un inconnu et ensuite déposée à la Clinique ? Cette question était pour l’instant sans réponse, c’était le point central de leur interrogation, ils décidèrent donc de demander discrètement à Adèle pour le savoir, et leur permettre d’envisager plus facilement la suite.

 

La journée passa tranquillement, les agents en profitèrent pour mettre à jour leurs dossiers, et archiver les anciennes affaires. La paperasse n’était en général pas leur activité favorite, mais il fallait bien s’y mettre de temps en temps. Si l’adrénaline d’une enquête était ce qu’ils appréciaient le plus dans leur métier, se poser au calme au bureau ne faisait pas de mal de temps en temps, les corps et les esprits avaient aussi besoin de repos car certaines enquêtes se révélaient parfois très éprouvantes. Cela leur permettait de finir la journée de bonne heure et de profiter aussi un peu plus de leur famille et de leurs amis, chose moins aisée pendant une enquête où ils ne savaient jamais à quelle heure ils allaient rentrer.

 

En fin de journée, les filles se décidèrent à rendre visite à Adèle, elles s’étaient mises d’accord sur le fait de ne pas évoquer la situation avec Rocher, elles réussirent à esquiver les sujets qui auraient pu dévier et elles furent récompensées de cette décision car elles passèrent un bon moment toutes les trois.


Lolaluar  (26.12.2017 à 19:44)

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TreizeOr, Hier à 22:44

Peut-être une semaine de décalage mais pas plus

TreizeOr, Hier à 22:44

Allez lire mes one shots "si près si loin" de profilage. J'en mets un 3e là

Viens chatter !